admin| RSS .92| RSS 2.0| ATOM 0.3
  • Blog
  • Cédric Ringenbach
  •  

    L’hypocrisie de la soit-disant “cohérence écologique”

    octobre 1st, 2009

    Claude Allègre reproche à Nicolas Hulot de faire la leçon aux autres alors qu’il utilise l’hélicoptère pour Ushuaïa. D’autres feront le même reproche à Yann Arthus Bertrand qui shoote “la terre vue du ciel” depuis un hélicoptère lui aussi. On pense également à Al Gore qui a fait plusieurs fois le tour de la terre pour faire sa conférence “une vérité qui dérange”.

    A chaque fois, le même reproche : “Vous n’êtes pas cohérent”. Et l’idée que ceux qui donnent des leçons devraient montrer l’exemple. Quelle hypocrisie derrière cet argument ! Creusons un peu.

    • Cas n°1 = je suis un écolo convaincu, je veux sauver la planète, je sensibilise mon entourage, et dans un but de cohérence, je n’ai pas de voiture, je ne prends pas l’avion, je fais attention à mes émissions de CO2, en bref, je me mets des limites.
    • Cas n°2 : je suis un chef d’entreprise qui vend des engrais, je ne suis pas écologiste, donc je peux prendre l’avion, faire le tour de la terre, car moi, au moins, je ne fais la morale à personne.

    Dans les deux cas, je suis “CO-HE-RENT”. Et comme ma capacité à modifier le monde est directement liée à ma consommation d’énergie, donc à mes émissions de CO2, je contribue plus à la construction du monde de demain dans le cas n°2 que dans le cas n°1. Pas de bol. En d’autres termes, derrière cet argument de cohérence, il y a l’idée que les écolos devraient rester chez eux à faire pousser des patates dans leur potager, et arrêter de faire des conférences à travers le monde pour faire bouger les choses. C’est insupportable.

    On ne peut rien faire sans consommer de l’énergie et émettre du CO2.  En regard de l’énergie consommée, il faut mettre la valeur ajoutée liée à son utilisation. Changer le monde, organiser la profonde mutation de notre économie va nécessiter beaucoup d’énergie. Il va falloir s’habituer à l’idée que ceux qui font bouger les choses aient un bilan carbone conséquent. L’ingénieur qui doit prendre l’avion six fois par an pour assurer un transfert de technologie avec l’Asie et au final faire économiser des millions de tonnes de carbone ne doit pas de poser la question de la cohérence de ses déplacements.  Il doit plutôt appliquer le principe de PRAGMATISME et regarder la valeur ajoutée liée à l’énergie qu’il a consommée.

    Donc si demain, Jean-Marc Jancovici décide de prendre un téléphone portable pour la première fois de sa vie, ce n’est pas moi qui le blâmerai !


    Mieux vaut être pauvre et irresponsable que riche et écolo

    juin 20th, 2009

    Sous un air provocateur, cette vidéo ne fait que révéler une vérité : nos émissions de CO2 sont très fortement corrélées à notre pouvoir d’achat.

    La conclusion n’est donc pas loin de la réalité :

    “Moralité, contre l’effet de serre, mieux vaut parfois être pauvre et irresponsable que riche et écolo.”


    Allègre ne passera pas !

    mai 27th, 2009

    Pétition contre l’entrée de M. Claude Allègre au gouvernement français

    Allegre ne passera pas

    Cette pétition sera remise au cabinet de Nicolas Sarkozy le 5 juin 2009 (si elle atteint un nombre suffisant de signatures).

    Nous considérons que l’entrée de M. Claude Allègre dans le gouvernement français serait extrêmement préjudiciable à l’image de la France, à six mois de la conférence de Copenhague, au moment où elle doit jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique.

    M. Claude Allègre a par le passé nié le réchauffement climatique et continue aujourd’hui d’affirmer que ses causes ne seraient pas anthropiques. Il est discrédité dans le monde scientifique. Sa position est une insulte à l’encontre des membres du GIEC.

    Nous pensons que la diffusion des idées de M. Claude Allègre a fortement contribué à ralentir le passage à l’action dans la lutte contre le changement climatique et qu’il est urgent de faire la lumière sur le manque de fondements scientifiques de ses propos.

    Nous demandons avec insistance à M. Nicolas Sarkozy de ne pas proposer de poste au gouvernement à M. Claude Allègre.

    Signer la pétition ici.


    Logos”recyclable” et “eco-emballages”

    janvier 1st, 2009

    Je cheche cette info depuis longtemps, alors maintenant que je la tiens, je vous la donne et je saurai qu’elle est là:

    Ceci est le logo “eco-emballages“. Quand on le voit sur un produit, cela veut dire que le producteur a payé une taxe de quelques centimes sur l’emballage, qu’il l’a intégrée au prix et qu’il l’a reversée à la société eco-emballages. C’est une société de droit privé qui assure un service public : elle redistribue cet argent vers des opérations de tris sélectifs mis en place par des collectivités locales.

    eco-emballages

    Ceci, en revanche, est bien le logo qui signifie que le produit est recyclable. Une petite remarque qui a son importance : recyclable ne veut pas dire recyclé ! Encore faut-il qu’il y ait une filière de recyclage et que le consommateur pratique le tri sélectif.

    recyclable

    Bonne année 2009 !


    La Décroissance

    mars 10th, 2008

    Je m’intéresse depuis quelques temps à la décroissance, mon engagement aux côtés de Pierre Larrouturou en 1998 étant indéniablement un signe avant-coureur de mon intérêt intellectuel pour la chose.

    Quand on cherche de la littérature sur le sujet, on tombe assez vite sur les casseurs de pub, les objecteurs de croissance, le journal “la décroissance” et j’en passe. Bref, une littérature d’extrême gauche, qui met tous les thèmes de la contestation dans le même panier (anti-mondialisme, anti-OGM, no-logo etc), et qui critique sans jamais rien proposer. Les Serge Latouche, Vincent Cheynet et comparse, non contents de publier des pamphlets indigestes et anti-tout, squattent le web, Wikipedia et surtout le mot de décroissance qu’ils ont récupéré pour eux et il semble que personne n’ait le droit de parler d’écologie sans leur avoir demandé l’autorisation.

    Mais tous ont un nom à la bouche : Nicholas Georgescu-Roegen. J’ai donc décidé de remonter à la source et j’ai acheté le seul livre traduit en français du susnommé Jojo: “La Décroissance – Entropie, écologie, économie” (également disponible au téléchargement, je l’ai su depuis).

    Cet économiste du début du XXe siècle a commencé par faire des maths, ce qui a plutôt tendance à me mettre en confiance. C’est dans les années 30 qu’il s’initie à l’économie aux côtés de Schumpeter, ce qui fait une deuxième raison d’avoir de la sympathie pour le bonhomme.

    A la lecture du bouquin, je ne suis pas déçu : Georgescu est un grand penseur et son livre est à la fois pertinent, percutant et très accessible. Pour faire simple, je dirais que NGR relie l’économie à l’écologie avec une couche de thermodynamique (n’ayez pas peur, ça ne mord pas). Son ouvrage date de 1979, mais il reste d’une actualité déconcertante. En le lisant, on comprend à quel point les modèles économiques auxquels on nous a habitués sont aussi invalides sur une échelle infinie que le mouvement perpétuel. Analyser le cycle économique et le cycle de la vie sous le prisme de l’entropie est très instructif et je propose de déveloper dans un prochain billet.


    Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien…

    mars 10th, 2008

    Je ne sais pas encore bien quoi penser des OGM. Certains espoirs qu’on met dans les technologies du vivant méritent certainement qu’on donne des moyens à la recherche sur le sujet. Plutôt une recherche publique dans ce cas précis, car on touche à la vie, à la santé, au principe de précaution et les intérêts économiques s’accommodent mal d’une attitude éthique et responsable. Je refuse pour le moment de dire que OGM = monsanto = beurk, mais j’ai hâte d’en savoir plus sur le sujet.

    Qu’une société soit capable de bafouer les principes les plus élémentaires de responsabilité sociale et environnementale est quelque chose qui ne nous étonne malheureusement plus. Je suppose qu’on va en avoir une belle illustration mardi soir dans ce reportage sur Monsanto. Rendez-vous donc devant votre poste Mardi 11 mars à 21 h sur ARTE.

    Une personne physique se doit d’avoir une morale.
    Et une personne morale, non ?

    Merci à Grégory Catel pour l’info.


    Danger sur la biodiversité : Kokopelli condamnée

    février 4th, 2008

    Lu sur le blog de Corinne Lepage: “la semaine dernière, l’association Kokopelli, qui milite en faveur des semences anciennes et sauvegarde plus de 2500 variétés qu’elle commercialise, vient d’être lourdement condamnée pour avoir vendu ses semences, soit 17500 euros à l’Etat et 5000 euros à la fédération des industriels de la semence (FNPSPF)”.

    Alors qu’on parle de biodiversité pour sauver la planète, comment se fait-il qu’on puisse interdire à une association comme Kokopelli de militer et d’agir pour cette biodiversité ? Réponse : en France, pour certaines espèces végétales, une semence ne peut pas être commercialisée si elle n’est pas inscrite au catalogue officiel français des espèces et variétés.

    Ce catalogue vise à assurer une traçabilité des variétés sur notre sol, ce qui, en soit, est une bonne chose et va dans le sens de la protection du consommateur. De là à nous faire croire que des espèces qui ont nourri nos grands-parents et arrières-grand parents sont devenues dangereuses du jour au lendemain, c’est un peu fort ! La traçabilité, OK, c’est un plus, mais interdire de planter de qui n’est pas tracé, c’est un peu exagéré. Le lobby des semenciers est pour quelque chose dans cette loi. Comme souvent, ce sont avant tout des raisons économiques qui ont eu le dessus.

    Fort heureusement, toutes les espèces ne sont pas réglementées (la tomate l’est, mais pas le millet) et les espèces non réglementées peuvent être librement commercialisées. De plus, le GNIS se targue d’augmenter tous les ans le nombre de variétés au catalogue (leur nombre a été multiplié par 13 en 40 ans pour atteindre 7800 en 2005).

    Mais si on gratte sous le vernis, on découvre que cette augmentation est plus due au nombre d’espèces qui deviennent des espèces réglementées qu’à l’inscription, pour une espèce donnée, de nouvelle variétés (voir sur ce point l’article de Shabnam Laure Anvar). Or plus d’espèces réglementées, c’est potentiellement moins de bio-diversité…

    Si seulement l’inscription d’une nouvelle variété était facile, il n’y aurait plus qu’à. Mais, dommage, cette inscription coûte autour de 1000 € et jusqu’à 6000 € pour les céréales (cette information est introuvable sur le site du GNIS qui gère le catalogue, bonjour la transparence !!).

    Sur ce, bonne nouvelle, au moment où j’écris ces lignes, on apprend que Nathalie Kosciusko-Morizet s’est prononcée sur le sujet, estimant qu’il y avait en effet une incohérence : “J’ai dit clairement qu’il fallait réfléchir à un éventuel dédit de l’Etat, pour que l’association n’ait pas à payer et surtout à un amendement pour régler le problème”, a-t-elle expliqué à l’AFP, “L’association Kokopelli participe à la préservation de la biodiversité, du patrimoine et des semences anciennes: c’est intéressant, mais de ce point de vue notre droit est mal fait”. 

    Le Grenelle de l’environnement n’aura pas servit à rien.