juillet 17th, 2009
Oxfam International est une confédération de 13 organisations qui travaillent ensemble dans plus de 100 pays pour trouver des solutions durables à la pauvreté et l’injustice. Elle vient de publier, 6 juillet dernier, un rapport sur le coût humain du changement climatique.

Introduction
La population mondiale souffre déjà du changement climatique. Même si les dirigeants du monde entier s’accordent sur une restriction drastique des émissions de gaz à effet de serre, les perspectives sont accablantes pour des centaines de millions de personnes, dont la plupart comptent parmi les plus vulnérables sur terre.
Ce document relate les histoires poignantes de certaines d’entre elles, parallèlement aux dernières connaissances scientifiques en matière d’impact du changement climatique sur l’espèce humaine. Ensemble, elles expliquent pourquoi le changement climatique est fondamentalement une crise de développement pour des milliards de personnes. Le monde doit agir immédiatement et de manière résolue pour faire face à ce problème, la plus grande menace pesant sur l’humanité au XXIe siècle.
Ce que j’en pense
C’est un document très bien fait, extrêmement bien documenté (plus de 200 références bibliographiques), très à jour (il s’appuie sur des rapports qui sont sortis courant 2009) et il est facile à lire (66 pages, agréablement agencées). J’en conseille la lecture à ceux qui s’intéressent à l’humanitaire et au changement climatique. Ils pourront mesurer à quel point les deux problèmes sont imbriqués.
Il est en effet important de rappeler que ce ne sont pas les pays responsables du réchauffement climatique qui seront touchés les premiers par les conséquences de ce dernier. Ce sont les pays en développement qui subiront 99% du problème. Que ferons-nous quand ils débarqueront chez nous pour des raisons de survie ?
Sources
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Posted by Cédric Ringenbach
juillet 11th, 2009

Une lecture indispensable
S’il est une lecture indispensable pour bien comprendre le changement climatique, c’est bien celle du quatrième rapport du GIEC (Groupement d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), publié en 2007.
C’est un peu impressionnant par le volume (et ce n’est qu’un résumé du rapport complet du GIEC !) mais je vous rassure : c’est assez facile à lire.
En plus, il existe une version française dont la traduction est très satisfaisante (elle n’est pas tout à fait complète et souffre de quelques imperfections, mais elle fait largement l’affaire dans une optique de vulgarisation).
Découpage
Le rapport se compose de quatre volumes : le rapport de chacun des trois groupes de travail et un rapport de synthèse :
- “les éléments scientifiques” (158 pages) : le rapport le plus volumineux et le plus intéressant à mon avis, il aborde aussi bien les variations naturelles du climat que les cause anthropiques (dues à l’homme), il explique comment ont été réalisées les prévisions d’évolutions du climat sur le XXIe siècle. Le dernier tiers de ce rapport est consacré à une série de questions et réponses très bien faites d’un point de vue pédagogique.
- “conséquences, adaptations et vulnérabilités” (116 pages) : quels seront les conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité, le cycle de l’eau, l’agriculture, etc., comment on peut s’adapter et quelles seront les populations les plus vulnérables.
- l’atténuation du changement climatique (119 pages) : que faut-il faire pour limiter la hausse de température à 2°C, à court, moyen et long terme, comment le développement durable peut aider à résoudre ce problème et comment le changement climatique peut se révéler une contrainte sur le développement durable.
- le rapport de synthèse (103 pages) : il fait une synthèse des trois groupes de travail découpée en six points :
- changements observés
- causes naturelles et anthropiques
- changements à venir, conséquences prévisibles
- adaptation et atténuation
- gestion du risque
- conclusions robustes et incertitudes
Chaque tome comporte un “résumé à l’attention des décideurs”. Il est donc possible de moduler sa lecture en fonction du temps disponible :
- le résumé de la synthèse (22 pages)
- le résumé de chaque volume (18+21 + 25 = 64 pages)
- la synthèse (103 pages)
- le total (presque 500 pages)
Quelques réflexions
Quelques réflexions à la lecture de cet ouvrage : La plupart des arguments développés par les “climato-sceptiques” trouvent leur origine dans des vérités qui sont très bien exposées dans le rapport. Les remarques du genre “ce que le GIEC ne vous dit pas… bla bla bla” méritent en général une petite vérification…
Chaque volume comporte un chapitre intitulé “conclusions robustes et incertitudes”. Le fonctionnement du climat est quelque chose de très compliqué et on ne sait pas tout. C’est pourquoi il est important de ”savoir ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas”. En conclure qu’on ne sait rien et qu’il ne faut surtout pas se précipiter pour agir est une véritable escroquerie intellectuelle. On en sait bien assez pour en déduire ce qu’il faut mettre en œuvre pour limiter la casse. Quant aux incertitudes restantes, deux choses : les lever en continuant les recherches et faire de la gestion du risque (cette discipline n’est pas nouvelle).
Notez que ce rapport n’est qu’une photo à la date de 2007 des connaissances de la communauté scientifique (la plupart des mesures s’arrêtent en 2005) et que de nouvelles avancées ont été faite depuis. C’est donc une lecture incontournable pour qui veut plonger un peu en profondeur dans le sujet, mais ce n’est pas suffisant pour avoir une vision “up to date” de la situation.
Comment l’obtenir ?
En ligne (voir les liens ci-dessous) ou en version papier, gratuitement, auprès du secrétariat du GIEC sur simple demande par mail (IPCC-Sec(at)wmo.int). Je vous conseille de commander la version papier plutôt que d’imprimer les PDF, le bilan carbone sera bien meilleur.
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Posted by Cédric Ringenbach
mars 10th, 2008
Je m’intéresse depuis quelques temps à la décroissance, mon engagement aux côtés de Pierre Larrouturou en 1998 étant indéniablement un signe avant-coureur de mon intérêt intellectuel pour la chose.
Quand on cherche de la littérature sur le sujet, on tombe assez vite sur les casseurs de pub, les objecteurs de croissance, le journal “la décroissance” et j’en passe. Bref, une littérature d’extrême gauche, qui met tous les thèmes de la contestation dans le même panier (anti-mondialisme, anti-OGM, no-logo etc), et qui critique sans jamais rien proposer. Les Serge Latouche, Vincent Cheynet et comparse, non contents de publier des pamphlets indigestes et anti-tout, squattent le web, Wikipedia et surtout le mot de décroissance qu’ils ont récupéré pour eux et il semble que personne n’ait le droit de parler d’écologie sans leur avoir demandé l’autorisation.
Mais tous ont un nom à la bouche : Nicholas Georgescu-Roegen. J’ai donc décidé de remonter à la source et j’ai acheté le seul livre traduit en français du susnommé Jojo: “La Décroissance – Entropie, écologie, économie” (également disponible au téléchargement, je l’ai su depuis).
Cet économiste du début du XXe siècle a commencé par faire des maths, ce qui a plutôt tendance à me mettre en confiance. C’est dans les années 30 qu’il s’initie à l’économie aux côtés de Schumpeter, ce qui fait une deuxième raison d’avoir de la sympathie pour le bonhomme.
A la lecture du bouquin, je ne suis pas déçu : Georgescu est un grand penseur et son livre est à la fois pertinent, percutant et très accessible. Pour faire simple, je dirais que NGR relie l’économie à l’écologie avec une couche de thermodynamique (n’ayez pas peur, ça ne mord pas). Son ouvrage date de 1979, mais il reste d’une actualité déconcertante. En le lisant, on comprend à quel point les modèles économiques auxquels on nous a habitués sont aussi invalides sur une échelle infinie que le mouvement perpétuel. Analyser le cycle économique et le cycle de la vie sous le prisme de l’entropie est très instructif et je propose de déveloper dans un prochain billet.
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Posted by Cédric Ringenbach