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  • Cédric Ringenbach
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    Monsieur Werner Munter, il faut que je vous dise…

    janvier 3rd, 2016

    Je réponds donc à l’article suivant : http://metatv.org/climatologie-la-these-officielle-une-foutaise

    Spécialiste reconnu des avalanches, le Suisse Werner Munter planche nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique. Et, pour lui, l’homme n’y est pour rien!

    Enchanté ! moi non plus je ne suis pas climatologue et je n’ai pas d’autre légitimité pour parler du climat que d’avoir lu le rapport du GIEC (contrairement à vous, dirait-on…).

    Vous confirmez que les glaciers reculent et qu’il y a bien un réchauffement. Vous faites donc partie des sceptiques V2.0, (la version 1.0, c’était la génération qui niait le réchauffement.)

    Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons.

    Faux : les périodes un peu plus chaudes étaient en dessous de ce qu’on connait aujourd’hui.

    Pour ce qui est du moyen âge, les reconstitutions sont ici.

    Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants.

    Cela signifie qu’il faisait donc plus frais qu’aujourd’hui dans cette partie du monde, non ?

    Pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud.

    Faux : il y a bien des périodes interglaciaires plus chaudes que l’actuelle, comme il y a 125.000 ans, par exemple, mais la température globale était alors supérieure d’un ou deux degrés, et aucunement de 7°C.

    Le GIEC se concentre sur les 150 dernières années.

    C’est que vous ne l’avez pas lu ! Les données disponibles sur 800.000 ans sont abondement analysées. Sans parler de celles sur plusieurs centaines de millions d’années.

    Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

    Faux : c’est amplement développé également. Si on se place sur les bons pas de temps et qu’on travaille « toutes choses égales par ailleurs », on voit bien cette corrélation. Voir mon article ici, et surtout la suite là.

    Le CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison…

    On est d’accord. Qui a dit que c’était un poison ? Le GIEC ?

    La concentration de CO2 dans l’atmosphère est négligeable

    Cet argument n’a vraiment rien de scientifique. Cela parle à ceux qui ne se sont jamais posé la moindre question sur le climat.

    En effet, 400 ppm (ou 280 ppm avant l’ère industrielle), c’est très peu. Mais si vous enlevez ce CO2, la planète se retrouve à un température de -18% C°. Petites causes, grands effets. On doit 33°C à l’effet de serre naturel de la terre. Vous comprendrez bien que si on augmente sa concentration de 40%, ça va avoir un effet, non ?

    Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement.

    Oui, il y a des opportunités de business, heureusement, mais aujourd’hui, elle se heurtent aux intérêts en place, bien plus puissants et installés. Il est complètement ridicule d’imaginer que les lobbys des business naissants sont capables d’imposer quoi que ce soit en face du lobby des industries et des énergies fossiles !

    La thèse officielle contredit les lois de la physique, celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple: la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère [...] est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

    Bon, là, on touche le fond ! Quand vous ajoutez un pull pour aller sur un Glacier, il est chaud le pull ? non. et pourtant il vous tient chaud. Bon, ben les Gaz à Effet de Serre, c’est pareil : ils empêchent la chaleur du sol de partir vers l’espace. Tout comme le pull empêche la chaleur de votre corps de partir vers l’extérieur. Ajouter des GES dans l’atmosphère, c’est comme mettre un pull de plus. Et si la dernière couche est quasi à la température extérieure, ça ne veut pas dire qu’elle ne sert à rien !

    Pour bien comprendre comment l’effet de serre du CO2 opère, il faut lire l’article de Jean-Louis Dufresne et de Jacques Treiner, mais attention, à moins d’avoir un Bac +5 ou 6 en physique, je vous souhaite bon courage !

    De manière générale, un bon petit document pour avoir les réponses à toutes ces foutaises, est disponible ici.


    Passage sur la Radio Chrétienne Francophone

    avril 11th, 2015

    Un échange de quelques minutes avec Jacques Palard sur les questions d’éthiques qui se posent autour du Changement Climatique.


    Formation « GIEC – AR5 »

    août 27th, 2014

    Après avoir passé une partie de mon été le nez dans le rapport du GIEC et les fesses au soleil (y’a un minimum, quand-même, c’est les vacances !), je propose à partir de décembre 2014 une formation sur le changement climatique centrée sur ce volumineux et tout frais rapport « AR5″.


    Objectif
    Acquérir une connaissance approfondie du cinquième rapport d’évaluation (AR5) du GIEC dans l’optique des négociations climat de 2015 ou de la mise en place d’une politique climat, qu’elle soit publique ou d’entreprise.

    Contenu
    Depuis plus de vingt ans, le Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) fait une analyse factuelle des connaissances scientifiques pour éclairer le débat politique autour du changement climatique sans empiéter sur le domaine des décideurs (« policy relevant and not policy prescriptive »). La formation porte sur le contenu du 5e rapport, elle aborde les derniers enseignements et les différences avec les rapports précédents et se concentre sur les éléments les plus utiles pour les décideurs.

    Les plus
    Sur le plan pédagogique, la mémorisation du plan et de la structure du rapport a été privilégiée à travers une approche très visuelle, des aller-retours avec la table des matières, ainsi que l’utilisation de la vidéo et du résumé technique comme supports de formation.

    Les supports de communication fournis par le GIEC ponctuent le cours (vidéo, interviews, lexique, FAQ) et des travaux pratiques assurent une forte interactivité entre les participants. La formation est donnée en français, mais les supports sont en anglais.

    La formation a été pensée pour faire vivre aux stagiaires une relation « d’intimité » avec l’AR5 : faire la connaissance de ses principaux auteurs, comprendre son vocabulaire, manipuler physiquement la version papier du résumé technique, savoir chercher et trouver une information dans la version électronique du rapport complet, comprendre les méthodes de travail du GIEC, le processus d’élaboration et le calendrier des parutions…

    Des moments de parole et d’échange sont aménagés entre les participants notamment pour tenir compte du caractère anxiogène du contenu des rapports du GIEC.

    Programme
    La formation dure 4 jours (28 heures). Elle est parfois organisée sur les vendredis et samedis de deux semaines consécutives (Il est temps d’adapter cet agencement aux contraintes des personnes intéressées par la formation. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques).
    Jour 1
    • Objectifs de la formation, tour de table et moment d’échange entre les participants ;
    • L’histoire du GIEC, la structure du rapport, les trois groupes de travail ;
    • Présentation du groupe de travail n°1 (WGI), son agenda, ses auteurs ;
    • Vidéo WGI ;
    • Contenu de la contribution du groupe de travail n°1 : « The Scientific Basis » ;
    • TP : « battle » science contre climato-scepticisme.

    Jour 2

    • Contenu de la contribution du groupe de travail n°1 : « The Scientific Basis » (suite) ;
    • TP : Explorer le rapport complet, reconstituer certains graphiques d’après d’autres sources.
    • Présentation du groupe de travail n°2 (WGII), son agenda, ses auteurs ;
    • Vidéo WGII ;
    • Contribution du groupe de travail n°2 : « Impacts, Adaptation, and Vulnerability » ;
    Jour 3
    • Contribution du groupe de travail n°2 : « Impacts, Adaptation, and Vulnerability » (suite) ;
    • TP : complémentarité ou compétition entre adaptation et mitigation ;
    • Présentation du groupe de travail n°3 (WGIII), son agenda, ses auteurs ;
    • Vidéo WGIII ;
    • Contribution du groupe de travail n°3 : « Mitigation of Climate Change » ;
    • TP : lister des solutions de mitigation et les placer dans la matrice « type de solution » × « secteur concerné » de la table TS.8.

    Jour 4

    • Contribution du groupe de travail n°3 : « Mitigation of Climate Change » (suite) ;
    • TP : Mise en place d’une politique climat ;
    • Echanges autour des questions d’éthiques, des leviers d’action disponibles, du rôle des citoyens, des politiques et des entreprises ;
    • Evaluation de la formation.

    Les dates
    • 5, 6, 12 et 13 décembre 2014
    • 9, 10, 16 et 17 janvier 2015
    • du 16 au 19 février 2015
    • 6, 7, 13 et 14 mars 2015
    Les dates sont susceptibles d’évoluer. Merci de vérifier leur validité auprès de moi et de me faire part de votre intérêt au plus vite. Elles seront complétées ultérieurement pour les mois suivants.

    Tarifs
    • Entreprises : 2400 € HT
    • ONG : 1200 € HT
    • Chômeurs : 600 € TTC
    DIF et Plan de formation
    Contactez-moi pour étudier les possibilités de faire financer cette formation par le budget formation de votre entreprise ou par votre Droit Individuel à la Formation.

    Doc de présentation
    Vous pouvez télécharger le document de présentation pour le faire circuler en cliquant ici :

    Sur France Info : « Qu’est-ce que la transition énergétique ? »

    juillet 19th, 2014

    Mon passage sur France Info le 10 juillet 2014 avec Bernard Thomasson et Anne-Laure Barral.


    Dégustation de vins bio et biodynamiques

    janvier 9th, 2014

    Bonjour à tous,

    Nouvelle année, nouvelle dégustation de vin !
    Nous serons ravis de vous accueillir jeudi 16 janvier à l’atelier d’Alexandra (8, rue Bochart de Saron) de 19h à 22h.

    Thème de la soirée : vins bios et biodynamiques.
    Avec buffet dinatoire ..

    Avis aux amateurs : Il s’agit également de lancer le premier achat groupé de notre club d’achat ! (plus de précisions sur place)

    PAF : 15€

    Au plaisir de vous y retrouver …

    Alexandra Carron et Cédric Ringenbach


    Du changement climatique aux initiatives de consommateurs

    novembre 15th, 2013

    Comment faire le lien entre le changement climatique et les nouveaux modes de consommation comme les AMAP ou les coopératives d’achat, c’est la question à laquelle je vais essayer de répondre le samedi 30 novembre, à 17h, au centre étincelles, 78 rue des Haies (Paris, 20e).

    Pour vous inscrire, c’est soit sur facebook, soit sur le formulaire en ligne.


    Du bon usage des subventions

    octobre 11th, 2013
     
    Jean-Marc Ayrault, Cécile Duflot, et Philippe Martin ont annoncé fin septembre de nouvelles mesures en faveur de la rénovation thermique des logements. Elles consistent en un guichet unique, une campagne d’information et des mesures d’incitation allant jusqu’à 80% du coût des travaux ! S’agissait-il pour le Premier Ministre de caresser les écologistes dans le sens du poil ? Toujours est-il que les mesures annoncées, même si elles vont dans le bon sens, ne sont pas de nature à changer la donne.
     
    Le guichet unique et la campagne de communication sont des conditions nécessaires du succès, mais pas suffisantes. Quant à l’’incitation, sans signal réglementaire, elle fonctionne mal :
     
    • On a vu des propriétaire refuser de lancer des travaux, même avec 80% des coûts pris en charge par l’état ;
    • Quand elle fonctionne, elle coûte très cher à la collectivité pour un résultat très décorrélé des montants engagés ;
    • Elle permet surtout des effets d’aubaine : on change ses fenêtres pour avoir un confort thermique et on profite du CIDD, mais c’est cadeau.
     
    D’ailleurs, Jean-Marc Ayrault a-t-il seulement calculé combien de logements seraient rénovés grâce à ces aides ? Combien en plus des 135.000 logements rénovés par an actuellement seront isolés alors qu’ils ne l’auraient pas été sans les aides ? Arrivera-t-on aux 500.000 logements rénovés ? Rénovés jusqu’à quel niveau de performance ?
     
    The Shift Project, après avoir travaillé un an sur le sujet est arrivé à la conclusion qu’il faut un signal réglementaire. Non pas une obligation brutale et immédiate, mais un échéancier de mise en conformité qui s’appliquera au moment de la mutation. Par exemple, à partir de 2018, je ne peux plus vendre un logement si son diagnostic de performance énergétique le place en classe G. En 2015, il faudrait être en classe E ou mieux et ainsi de suite. Un tel signal permettra de donner de la visibilité à tous les acteurs, et, associé au passeport énergétique, incitera les propriétaires à rénover thermiquement leur logement de façon cohérente, au fur et à mesure de la vie du bâtit.
     
    Si l’on va vers un signal réglementaire, faut-il pour autant abandonner les subventions ? Une politique publique est-elle soit incitative soit contraignante ? Est-ce fromage ou dessert ? Absolument pas ! Affirmer qu’il faut choisir entre incitation et réglementation est un truisme sans aucun fondement.
     
    Au contraire, pour éviter qu’elle ne soit injuste, une « obligation » réglementaire doit être accompagnée de subventions. Pourquoi ? Pour compenser le gap qu’il peut y avoir entre l’intérêt général poursuivi par la loi et l’intérêt particulier des obligés que sont les citoyens.
     
    On sait qu’il est important, pour sauver le climat, de rénover les bâtiments. Ceci revient à dire que c’est rentable du point de vue de l’intérêt général. Pour autant, pour un particulier, isoler sa maison n’est pas toujours une opération rentable. Y a-t-il contradiction entre ces deux assertions ? Aucunement ! Voici au moins trois raisons qui illustrent que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers :
    • Contrairement à l’Etat, qui porte l’intérêt de long terme (du moins, qui devrait) le particulier, lui, accorde plus d’importance au présent (ce que l’on matérialise en économie par un taux d’actualisation élevé). Dit autrement, isoler les maisons est une bonne affaire pour la planète à l’échelle du siècle alors que nous voudrions chacun amortir notre investissement dans les 5 ans !
    • Le prix futur de l’énergie est une données cruciale du calcul de retour sur investissement car mon investissement d’aujourd’hui va réduire ma facture énergétique de demain. Or, le particulier ne crois pas à une augmentation forte du prix de l’énergie pour l’excellente raison qu’il ne la souhaite pas. Ce n’est pas très rationnel, mais c’est la réalité de la psychologie humaine. L’Etat, lui, en tant qu’institution responsable, doit prendre une fourchette plutôt haute, ce qui constituera une prime d’assurance contre tout évènement géostratégique qui pourrait faire flamber le prix de l’énergie (la fermeture du détroit d’Ormuz, par exemple). Au pire, on ne rentabilisera pas complètement l’investissement, mais qui se plaindrait d’avoir assuré sa maison alors qu’elle n’a pas brûlé ?
    • Le changement climatique est une externalité qui va toucher tout le monde alors que l’investissement que je fais dans la laine de verre me coûte à moi seul et ce n’est pas juste. Ce n’est pas à moi de sauver la planète tout seul. D’autres externalités, positives cette fois, doivent être prise en compte pour envisager l’intérêt collectif comme la balance commerciale énergétique et les créations d’emplois non délocalisables. Ces externalités doivent être prises en compte pour parler de rentabilité du point de vue de l’intérêt général, pas du point de vue du particulier. La contribution climat-énergie a justement pour but d’aligner l’intérêt général et l’intérêt particulier… En attendant qu’elle se mette en place, c’est à la collectivité de combler l’écart entre la rentabilité de l’investissement vu du particulier et celui vu de la planète.
     
    Le grand principe qui doit guider la conception des subventions est donc le suivant : financer des projets qui sont rentables du point de vu de l’intérêt général en apportant au particulier une aide financière telle que son investissement (réalisé sous la contrainte) s’approche de la rentabilité vu de sa fenêtre.
     
    Avec un mécanisme qui permet que 80% des travaux soient couverts par les aides, on voit qu’on n’y est pas : soit les travaux ne sont pas rentables pour la collectivité et il ne doivent pas être subventionnés, soit ils le sont et l’apport n’a pas à être aussi élevé (l’écart entre les deux points de vue ne peut pas justifier 80% d’aide). La raison d’un tel niveau d’aide est qu’en dessous, ça ne marche pas (du moins sans obligation). Mais la conséquence, c’est une inefficacité économique du système global. Mettons en place un échéancier de mise en conformité et proposons des subventions qui soient un dédommagement honnête et cohérent de l’effort à réaliser. Là se situe le juste milieu entre efficacité et équité.
     
     
    pose de laine de roche Rockwool

    Spéciale dédicaces aux blogueurs en panne…

    mai 16th, 2012

    Promis, je commence demain !


    Test apli iPhone

    mai 6th, 2012

    Alors, il existe une appli pour poster depuis son iPhone. Voyons voir si c’est pratique…
    Merci Willy !


    Sur France Inter, Stéphane Paoli ose questionner la croissance !

    avril 19th, 2012

    Peut-on gérer une économie sans croissance (du PIB) ? Voici une question encore taboue. Aujourd’hui, oser ne serait-ce que poser cette question revient pour votre interlocuteur à prendre position pour la décroissance. Et être pour la décroissance, c’est vouloir le malheur de l’humanité, et surtout des plus pauvres, donc c’est mal. Fin du débat.

    Indépendamment de la question « pour ou contre la croissance », il serait temps de savoir s’il existe des solutions pour gérer les questions de la dette publique, des retraites et du chômage sans avoir recours à cette fameuse croissance sur laquelle il serait temps d’admettre que nous n’avons finalement pas tant la main que ça.

    « L’économie est comme un vélo : si elle ralentie, elle tombe ». En fait, c’est pire que ça : « l’économie est comme un vélo : si elle arrête d’accélérer, elle tombe ». C’est flippant, non ?

    Un grand bravo, donc à Stéphane Paoli qui a osé poser cette question sans tabou dimanche dernier sur France Inter.

    Les invités :

    • Pierre Larrouturou (économiste, un des fondateurs du Collectif Roosevelt 2012)
    • Philippe Lemoine (Président du forum d’Action Modernités)
    • Guillaume Klossa (Président du think tank européen)

    la page de l’émission sur France Inter : La croissance, et un hommage à Raymond Aubrac / France Inter


    Discussion avec Michel Aglietta chez Ars Industrialis

    mars 28th, 2012

    J’ai eu le plaisir la semaine dernière de discuter avec Michel Aglietta dans le cadre des rencontres d’Ars Industrialis. Voici les vidéos de cette soirée enrichissante.

    Introduction par Arnauld de l’Epine

    Intervention de Michel Aglietta

    Intervention de Cédric Ringenbach
    ERRATUM : on parle bien de 600 milliards et non de 600 millions (l’erreur du débutant…)

    Les Questions


    Fukushima : zéro mort

    mars 11th, 2012

    Je n’aime pas débattre du nucléaire : d’abord parce que ce n’est pas la question qui me préoccupe le plus concernant l’avenir de l’humanité, ensuite car c’est un sujet éminemment sensible et émotionnel sur lequel on ne peut pas débattre sereinement, mais surtout parce que ce sujet pollue complètement le débat sur l’énergie et empêche de faire le profond travail de pédagogie nécessaire pour faire avancer les questions qui se posent à l’humanité.

    Cependant, ce matin, en ce jour de commémoration pour l’anniversaire du tremblement de terre et du tsunami au Japon, je ne peux pas laisser passer les bévues que j’entends en continu sur les chaines d’information : les journaliste font à tour de bras des amalgames entre les catastrophes qu’ont été le séisme et le tsunami (20.000 morts) d’une part et l’accident nucléaire (0 mort) qui en a découlé d’autre part. Cet accident a eu comme conséquence principale de condamner une surface de terrain importante autour de la zone des centrales accidentées. Les journalistes en viennent à nommer « Fukushima » les catastrophes qui sont à l’origine de l’accident nucléaire.

    On présente des familles qui sont dans l’angoisse de savoir si elle pourront un jour retourner un jour dans leur maison dans les environs de la centrale avec le même traitement que ceux qui ont vraiment perdu leur maison (eux, au moins ne sont pas dans l’incertitude !) dans le tsunami.

    Le pompon revient à la présentatrice de iTélé : « 20.000 morts suite au séisme, au tsunami et à la catastrophe nucléaire ». Dit comme ça, on comprend qu’il y a eu des morts par irradiation. Or ce n’est pas le cas. D’un point de vue purement théorique, ce n’est pas un mensonge : 20.000 morts pour le séisme et le tsunami + 0 mort pour Fukushima = 20.000 morts pour l’ensemble. C’est donc juste sur le plan des maths, c’est par contre extrêmement malhonnête intellectuellement. Si on va par là, on pourrait aussi bien dire : « 20.000 morts suite au séisme, au tsunami et à la pleine lune ». Ce serait tout aussi rigoureusement juste et totalement trompeur.

    Il y a une certaine indécence à mettre l’accident nucléaire sur le même plan que la catastrophe naturelle. Le mélange des genre me met très mal à l’aise.

    Il aura peut-être des morts suite aux irradiations parmi les personnels qui ont travaillé sur le site, il y a d’ailleurs eu une crise cardiaque attribuable directement à l’accident, on a certes eu de la chance que le vent n’aille pas dans le mauvais sens, mais on reste dans des conséquences difficilement qualifiable de « catastrophe ».


    Le portail de données de TSP

    février 24th, 2012

    TSP Data Portal

    J’ai lancé il y a un an et demi un petit chantier au sein du Shift pour mettre en ligne un portail de données sur l’énergie et le climat. Pour le réaliser, nous avons utilisé Qlikview, un logiciel de Business Intelligence très puissant, qui permet une ergonomie très souple pour véritablement « naviguer » dans les données multidimensionnelles et que j’ai eu l’occasion de découvrir dans ma vie d’avant. Qlikview est un bombe mais il coûte aussi très cher. La licence de la version serveur dont nous avions besoin coûte 50 k€ HT + 10 k€ / an. Heureusement, nous avons pu l’obtenir gratuitement grâce au programme « Change Their World » de l’éditeur qui offre des licences aux ONG qui œuvrent pour l’intérêt général.

    Le portail est maintenant en ligne, il est (presque totalement) débogué et permet de naviguer à travers un certain nombre de jeux de données publiques sur l’énergie et le climat pour répondre à des questions comme : Quelle est la production de charbon en Chine ? Depuis quelle date les Etats-Unis sont-ils importateurs de pétrole ? Qui sont les 20 plus gros émetteurs de GES dans le monde ? L’Egypte est-elle importatrice ou exportatrice nette d’énergie ? Quelle est la part du nucléaire dans le mixe électrique Suédois ? Le scénario de l’AIE est-il compatible avec des ressources ultimes de 4000 Gb ?

    Toutes ces questions trouvent leur réponse en trois clics sur tsp-data-portal.org. Les données peuvent ensuite être facilement exportées en image ou partagées sur les réseaux sociaux (twitter, facebook, blogs).

    Le site contient aujourd’hui une vingtaine de jeux de données répartis en trois grandes catégories :
    - statistiques sur l’énergie primaire et l’électricité
    - climat (émissions de GES par pays et par secteur, par exemple)
    - scénarios énergétiques et extrapolations

    Il s’adresse à tous les professionnels de l’énergie et du climat qui utilisent régulièrement des données en lien avec ces sujets (ONG, conférenciers, consultants, conseillers), mais également à toutes les personnes qui peuvent s’intéresser à ces sujets à titre personnel.

    Ce portail se veut une plateforme collaborative : tout le monde peut proposer une idée de graphique et, pour peu que vous ayez accès aux données à mettre en ligne, vous pouvez devenir l’auteur d’un nouveau jeu de données sur le portail. D’ailleurs, certains graphiques sont l’œuvre de personnes extérieures à l’équipe du Shift.

    Voici un aperçu dynamique (encapsulé dans le présent site) des données historiques de production d’énergie primaire depuis le début du 20ème siècle. Bonne navigation !


    L’AIE n’a jamais annoncé le Peak Oil pour le conventionnel en 2006 !

    février 14th, 2012

    On l’a souvent dit et il m’est arrivé moi-même de le relayer : l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) aurait annoncé dans le World Energy Outlook (WEO) de 2010 que le pic de production du pétrole conventionnel a eu lieu en 2006. Ce n’est pas tout à fait exact. Décryptage.

    Dans le WEO 2010, l’AIE présente trois scénarios :

    • Current Policies (scénario dit « Business As Usual » (BAU) ou tendanciel)
    • New Policies (scénario exploratoire qui prend en compte la mise en œuvre de toutes les nouvelles politiques énergétiques qui ont été annoncées, en supposant qu’elles sont effectivement appliquées)
    • 450 (pour 450 ppm de CO2, scénario normatif ou « backcasting » qui vise à ne pas dépasser les 2°C d’augmentation de la température).

    Le scénario « BAU » a longtemps été le scénario de référence de l’AIE, mais en 2010, c’est le scénario intermédiaire qui joue ce rôle, et c’est dans ce dernier que l’AIE évoque un maximum historique de production en 2006 :

    Dans le scénario « Nouvelles Politiques », [...] la production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-60 Mb/j à l’horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu’elle a atteint en 2006, tandis que la production de liquides de gaz naturel (LGN) et de pétrole non conventionnel connaît un vif essor.

    Dans ce scénario, les raisons d’un pic en 2006 ne sont pas des raisons géologiques, mais politiques. C’est avec cette nuance qu’il faut comprendre cette assertion. L’AIE ne dit pas qu’il est matériellement impossible d’extraire plus de pétrole chaque année, mais que les mesures annoncées par les états pour limiter leur consommation, si elles sont tenues, ont pour effet de ne pas avoir besoin de trop « tirer sur la paille ». C’est une nuance de taille car comme dirait Lapalisse, ce qui caractérise l’avenir, c’est qu’il n’a pas encore eu lieu (c’est même sa définition, je dirais). Et comme il n’a pas encore eu lieu, il est encore temps de le modifier plus ou moins. En l’occurrence, la mise en œuvre des mesures annoncées par les états n’est en rien acquise : personne n’est capable de dire si le futur ressemblera plus au scénario « New policies » ou « 450″ qu’au scénario « Current policies ». Le Peak Oil n’a donc pas forcément eu lieu.

    Le fait que le scénario « New policies » soit considéré comme le scénario de référence alors que jusqu’ici, c’était le BAU qui tenait ce rôle y est pour beaucoup dans ce malentendu. D’ailleurs, on ne trouve dans les communiqués de l’AIE que le graphe de ce scénario (ci-dessous) et pas celui du scénario BAU.

    Juste après la sortie du WEO, la nouvelle que le peak oil était passé a été annoncée ici et , et j’ai moi-même retenu ce message en l’état jusqu’à ce qu’une source proche de la fameuse institution me démente. J’ai également su que l’AIE s’est posé la question de faire un communiqué pour corriger le tir, mais ne l’a finalement pas fait. Pourquoi ? Aucune idée…


    Scénarios énergétiques : boule de cristal ou science dure ?

    février 12th, 2012

    Logo Centrale Energies

    J’aurai le plaisir d’animer la prochaine conférence de Centrale Energies le 13 mars à l’ASIEM sur le thème des scénarios énergétiques (de 19h à 21h, au 6 rue Albert de Lapparent, Paris 7e, inscription ici).

    En voici le pitch :

    Les scénarios énergétiques sont des outils d’aide à la décision pour les dirigeants d’entreprise et les hommes politiques. Bien comprendre ce qu’ils veulent dire mais surtout ce qu’ils ne prétendent pas dire est donc stratégique.

    Or dans l’univers des publications, l’objet « scénario énergétique » est très variable en termes de périmètre, de complexité, de rigueur et de messages véhiculés. Pour y voir plus clair, The Shift Project a entrepris d’effectuer une analyse comparée de quatre publications majeures : AIE (Agence Internationale de l’Energie), EIA (Energy Information Agency), Greenpeace et WWF.

    Au risque de vous laisser repartir avec plus de questions que de réponses, je vais m’appliquer à vous tracer les quelques enseignements qui sont ressortis de ce travail : Quel est le coût d’un scénario ? Combien cela représente de CO2 ? Est-ce compatible avec les ressources fossiles ? Le scénario est-il transparent sur les hypothèses utilisées ? A défaut de réponses, au moins ressortirez-vous avec quelques clés de lecture !


    Informations pratiques :

    LIEU : ASIEM, 6, rue Albert de Lapparent, Paris 75007, M° Segur, ligne 10
    HORAIRE : 19h00 à 21h, accueil à 18h30
    Participation sur place : 15 euros ; Etudiants : 5 euros, avec pour tous un rafraichissement à 21h
    Pour vous inscrire à la CONFERENCE, merci de remplir le formulaire accessible en cliquant sur le lien ci-après : inscription à la conférence