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  • Cédric Ringenbach
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    Correlation entre CO2 et Température : c’est plus compliqué qu’on le croit !

    On dit que le CO2 est un gaz à effet de serre et que l’augmentation de sa concentration dans l’atmosphère serait la cause du réchauffement climatique. Dans son  film, « une vérité qui dérange » Al Gore nous présente deux courbes : celle du CO2 et celle de la température. Comme il le fait remarquer à juste titre : « Elles s’emboitent », juste avant de préciser que les corrélations entre les deux courbes sont plus compliquées de cela…

    une_verite_2

    C’est en effet un peu plus compliqué que ça…

    Les données de température et de CO2 sont téléchargeables sur le site du National Climatic Data Center. Il faut quelques manipulations sur Excel pour les recoller entre elles, mais on y arrive. J’ai pu le faire sur une période allant de -250 000 à aujourd’hui. Voici ce que j’obtiens:

    vostock_co2_temp

    Le problème, c’est qu’on n’a pas l’impression que la hausse de CO2 précède la hausse de température. On a même l’impression du contraire… Pour en avoir le cœur net, j’ai mis les deux données sur un graphe : la température en abscisses et le CO2 en ordonnées.

    correlation_co2-temp_2

    On observe une corrélation et cela confirme que les deux courbes « s’emboitent ».

    correlation_co2-temp_3

    On a ici une belle illustration de ce qui s’est passé depuis au moins 650.000 ans : le climat oscille entre périodes glacières (en bas à gauche) et périodes inter-glacières (en haut à droite).

    C’est là que ça commence à être intéressant : J’ai colorié en bleu les points qui correspondent à des périodes de refroidissement et en rouge, ceux qui correspondent à des périodes de réchauffement. Voici le résultat :

    correlation_co2-temp_4

    C’est assez impressionnant : les points bleus sont plutôt au dessus de la courbe et les points rouges sont au dessous. C’est bien la preuve que pendant les périodes de réchauffement, c’est d’abord la température qui a augmenté, puis le CO2 et réciproquement pendant les périodes de refroidissement :

    correlation_co2-temp_6

    Que peut-on en conclure ? Réponse dans cet article : Vous êtes ici !

    En attendant, je mets à disposition de ceux qui le souhaitent le fichier Excel de ces calculs. Merci de faire des trackback si vous utilisez ce travail.

    Suite de l’article…

    15 réponses à “Correlation entre CO2 et Température : c’est plus compliqué qu’on le croit !”

    1. Eric dit :

      Wow, alors là je dois dire que ça m’impressionne Cédric. Je vais faire tout mon possible pour venir le 3/08

    2. FrédéricLN dit :

      Bravo pour ce traitement simple et élégant et merci pour votre commentaire sur demsf.

      Bien sûr, la corrélation entre GES supplémentaires (CO2 supplémentaire, dans le passé) et température, ne répond pas à deux questions :

      1) CO2 et consorts causent-ils de l’effet de serre ? la réponse est connue et bien documentée par ailleurs (répondre par oui ou par non est, si je comprends bien, de la physique élémentaire) ;

      2) qu’est-ce qui a causé, dans les temps géologiques, la hausse du CO2 ? (puisqu’il n’y avait pas d’industrie ni de transports …).

      Si je comprends bien, les modèles actuels disent en réponse à la question 2 : ce sont des cycles astronomiques qui ont provoqué le réchauffement de l’Océan glacial antarctique, et ce réchauffement a provoqué une croissance du CO2 dans l’atmosphère.

      Les courbes ne permettent donc pas à elles seules de savoir *combien de degrés supplémentaires* génère une augmentation des GES (GES émis par l’homme, par exemple). « Te relationship is actually very complicated ». En revanche, si on fait un modèle de cette relation, c’est un bon test de validité si, couplé avec les cycles astronomiques, il permet de reproduire l’évolution des courbes entre périodes glaciaires et inter-glaciaires !

    3. chria dit :

      la hausse du co2 est causée par un dégazage des océans à cause du hausse des températures (pour les périodes glaciaires comme à l’Holocène).
      Mais ces données sont à pas de temps si grand qu’il est difficile de les comparer avec nos 140 ans d’augmentation (1°C en France, 1,5°C dans les Alpes).
      D’ailleurs, qu’est-ce qui a provoqué l’optimum médiéval ? Cet évènement se situe plus à nos échelles.
      Enfin, le réchauffement actuel pourrait être comparé à une mini déglaciation quand on pense au petit âge glaciaire.
      Dans les carottes de la dernière déglaciation on constate que le taux de CO2 a varié de 185 ppm à 265 ppm soit une augmentation relative de 43%, pour une augmentation de température de 6 à 7°C, le tout en 6000 ans à peu près.
      Durant le siècle l’homme a injecté du CO2 en augmentant son taux de 40%, pour une augmentation de 0.6°C.
      Difficile de tirer des conclusions de tout cela, rien ne colle vraiment.

    4. Hassan K dit :

      Concernant ce décalage qui remettrait en cause le « consensus » sur les causes du réchauffement climatique, les « scientifiques » GIEC avancent l’explication suivante: le co2 est bien la cause de la hausse des températures mais le temps que ce co2 soit piégé dans la glace polaire il s’écoule plusieurs années…
      Cependant aucun étude scientifique n’a été faite en ce sens.
      Dans ce débat il faudrait rappeler au GIEC la différence entre « avis scientifique » et « avis d’un scientifique ».

      Concernant l’optimum médiéval, le rapport du GIEC le mentionnait dans un graphique des températures depuis le moyen-âge, mais dans son rapport de 2001, le GIEC a tout simplement « lissé » le même graphique afin de supprimer l’optimum médiéval qui posait apparemment trop de problème à ces « scientifiques » !

    5. @Hassan K : Pourquoi mettez-vous des guillemets au mot scientifique ? Pouvez-vous préciser le sens de cette subtilité ?

      Je ne vois pas le rapport entre le fait que le CO2 soit la cause du réchauffement actuel et le temps qu’il met à être piégé dans la glace. Ce dernier point est source de grosses incertitudes dans la datation du CO2 des carottes, incertitudes qui sont importantes mais connues et chiffrées.

      Concernant l’optimum médiéval, le GIEC n’a pas lissé la courbe, mais dispose simplement de meilleures sources dans ses derniers rapports que dans les premiers. Vu le travail réalisé et les budgets aloués, c’est bien la moindre des choses, non ?

    6. chria dit :

      « Concernant l’optimum médiéval, le GIEC n’a pas lissé la courbe, mais dispose simplement de meilleures sources dans ses derniers rapports que dans les premiers. »
      Vous rigolez j’espère ? Le graphe de 1995 a été remplacé par la courbe de Mann… Elle même remplacée dans le rapport 2007, puisque démontrée fausse.
      L’ensemble de courbes qui la remplace montre en partie l’optimum médiéval.

    7. Le Gargaillou dit :

      Merci d’avoir visité mon blog. Votre étude est vraiment bien documentée.
      Vous paraissez arriver à la même conclusion que Vincent Coutillot sur le fait que dans le passé l’augmentation de la température a précédé la hausse de concentration en CO2.
      Je ferais une observation qui ne semble pas rentrer dans les réflexions sur le climat : que l’énergie soit obtenue à partir de la biomasse ou à partir des hydrocarbures ou du charbon, il s’agit toujours de relacher dans l’atmosphère du carbone qui a été piégé dans le passé – récent pour la biomasse, dans les temps géologiques pour les hydrocarbures ou le charbon. L’impact de l’homme est essentiellement dans une accélération du cycle piègeage-libération du carbone.

    8. @ Le Gargaillou : Cette conclusion n’est pas spécialement la mienne ni celle de M. Courtillot, c’est une analyse très largement partagée, notamment par les membres du GIEC (AR4, WG1, FAQ 6.1). La conclusion la plus importante à en tirer, c’est que si l’ordre de la corrélation n’est pas la même aujourd’hui et autrefois, c’est que la cause du changement actuel n’est pas la même. Dans le passé, les cycles de milankovitch ont pu jouer sur la surface de la calotte polaire, puis sur la température et enfin le CO2, alors qu’aujourd’hui, c’est le CO2 qui varie en premier et qui fait monter la température. Donc les mécanismes en cause ne sont pas les mêmes.

    9. [...] livrais en août dernier les résultats de quelques explorations des archives glaciaires sur Excel, où je mettais en évidence que la température était en [...]

    10. Robert dit :

      On sait aujourd’hui que ce qui fut valable dans les temps anciens ne le sont plus.

      http://parrenin.frederic.free.fr/PRO/courses/download/2008-2009/paleoclimats/Teiser-Gouttevin.pdf

    11. Merci Robert pour cette référence. C’est exactement ce que j’explique dans l’article suivant : http://cedric.ringenbach.com/2009/11/22/vous-etes-ici/

    12. Vous écrivez des choses vraiment intéressantes. Remarquable

    13. Daniel dit :

      Bonjour Cédric,

      Oui, vous avez raison. D’ailleurs, si le CO2 était directement responsable d’un effet de serre important, celui ci serait immédiat car le CO2 émis à terre se dilue instantanément dans l’épaisseur de l’atmosphère à cause des courants ascendants.
      Or, si le CO2 avait réellement provoqué les réchauffements antérieurs, le taux actuel impliquerait au moins 10°C d’augmentation de température depuis 1 siècle en moyenne.
      Ce qui n’est pas le cas.
      Mais on constate que les cycles de température correspondent grosso modo aux cycles de Milankowitch: le CO2 semble donc etre produit plus abondamment par le réchauffement (fermentation, oxydation accrues…). Vos calculs sont éloquents !
      Sous la pression des lobbies ecolos, j’ai l’impression qu’on est en train de dépenser des milliards pour tenter d’empêcher quelque chose d’inéluctable.

    14. bonjour Daniel,
      il faut que vous lisiez la suite pour bien comprendre mon propos :
      http://cedric.ringenbach.com/2009/11/22/vous-etes-ici/
      En fait, ce lien de cause à effet (Temp => CO2) a opéré pendant les périodes glaciaires et inter-glaciaire, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est le contraire (CO2 => température), et c’est bien la preuve que ce ne sont pas les mêmes mécanismes qui sont à l’oeuvre.
      Cédric

    15. [...] « toutes choses égales par ailleurs », on voit bien cette corrélation. Voir mon article ici, et surtout la suite là. Le CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un [...]

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